Limites proposées – Saskatchewan

Motifs

Selon le Recensement de 2011, la population de la Saskatchewan s'élève à 1 033 381, soit 5,56 % de plus que les 978 933 de 2001. Les deux villes principales (Regina et Saskatoon) ont quant à elles connu une croissance bien plus rapide que l'ensemble de la province. En 2011, Regina comptait 193 100 habitants, soit 8,34 % de plus qu'en 2001, et Saskatoon en comptait 222 189, soit 12,89 % de plus qu'en 2001.

Les données de Statistique Canada pour les années 2001 à 2011 ont révélé que la croissance démographique des deux villes principales reposait sur trois facteurs : (1) la migration continue, au sein de la province, depuis les fermes, les villages et les localités vers les villes; (2) une augmentation nette dans les villes du nombre d'immigrants interprovinciaux; (3) une augmentation du nombre d'immigrants s'établissant de façon disproportionnée dans les deux villes.

En contrepartie, les régions en dehors des deux grandes villes ont attiré relativement moins d'immigrants en provenance d'autres provinces et de l'étranger, et ont en général enregistré des niveaux de croissance plus faibles. Dans certaines régions de la province, le chiffre absolu de la population a diminué, mais la commission a constaté que le taux de personnes quittant les fermes, les villages et localités pour s'installer dans les villes semble avoir diminué par rapport aux dernières décennies.

Les quatre circonscriptions de la Saskatchewan ayant connu la plus forte croissance au cours de la dernière décennie sont de type mixte urbain-rural. Dans de telles circonscriptions (peu communes à l'extérieur de la Saskatchewan), une majorité de la population réside dans l'une des deux grandes villes, alors qu'une minorité habite dans un ensemble adjacent, souvent d'une grande superficie, de localités, de villages et de fermes. Le Recensement de 2011 a confirmé que l'augmentation de la population dans quatre de ces circonscriptions (Blackstrap, Saskatoon—Humboldt, Saskatoon—Wanuskewin et Wascana) était en grande partie attribuable à une croissance dans leur composante urbaine. De 2001 à 2011, ces quatre circonscriptions ont connu une croissance démographique d'en moyenne 15,22 %, alors que celle des 10 autres a été de 1,5 %.

Les mouvements de population de la dernière décennie ont remis en cause les circonscriptions mixtes urbaines-rurales. Cette question est au cœur de la proposition de la commission concernant les 14 circonscriptions de la province. Elle était également au cœur des préoccupations exprimées par un nombre considérable de Saskatchewanais qui ont fait part à la commission de commentaires plus ou moins longs, depuis de courtes notes d'une phrase ou d'un paragraphe jusqu'à des documents structurés présentés au nom d'un groupe ou d'une association. Presque tous s'opposaient au maintien de circonscriptions mixtes en Saskatchewan. La commission remercie tous ceux qui ont communiqué avec elle dès le début de ce processus de redécoupage de leur participation à cet important exercice démocratique.

La proposition de la commission concernant les circonscriptions de la province prévoit une révision de leurs limites d'une manière tenant compte des principes fondamentaux de la loi : la parité des électeurs, la communauté d'intérêts et le souci de faire en sorte que la superficie des circonscriptions ne soit pas trop vaste. Ainsi, la proposition prévoit l'établissement de deux circonscriptions entièrement urbaines dans Regina, et de trois autres dans Saskatoon. Une des 14 circonscriptions serait à la fois urbaine et rurale (Regina—Qu'Appelle), et une autre engloberait la totalité d'une ville dont la population dépasse celle de la composante rurale (Prince Albert). Les sept autres circonscriptions seraient principalement rurales, bien que six d'entre elles comprendraient au moins une agglomération urbaine de petite ou de moyenne taille (Lloydminster—Battlefords—Rosthern, Cypress Hills—Grasslands, Prince Albert, Moose Jaw—Lake Centre—Lanigan, Souris—Moose Mountain et Yorkton—Melville).

La commission était consciente qu'en créant cinq circonscriptions strictement urbaines, il faudrait agrandir la majorité des circonscriptions rurales. Pour atténuer les répercussions de la croissance de Regina et de Saskatoon sur la superficie des circonscriptions rurales et pour éviter que certaines ne soient trop vastes en raison d'une application rigoureuse du quotient électoral dans les 14 circonscriptions, quatre d'entre elles (Desnethé—Missinippi—Rivière Churchill, Cypress Hills—Grasslands, Moose Jaw—Lake Centre—Lanigan et Souris—Moose Mountain) se situent en dessous du quotient de 73 813. Trois autres circonscriptions (Lloydminster—Battlefords—Rosthern, Kindersley—Rosetown—Humboldt et Yorkton—Melville) le dépassent légèrement. Enfin, les deux circonscriptions principalement urbaines (Prince Albert et Regina—Qu'Appelle) et les cinq circonscriptions exclusivement urbaines dépassent le quotient d'en moyenne 2,84 %.

La commission s'est efforcée de respecter les frontières municipales dans la mesure du possible et de ne pas diviser les petites agglomérations ou les villes de petites et de moyennes dimensions entre deux circonscriptions adjacentes. Elle s'est également efforcée de placer la totalité de chaque réserve des Premières Nations dans une seule circonscription. Dans les cas où un certain nombre de réserves des Premières Nations se concentrent dans une même région, la commission a respecté cette réalité en les plaçant toutes dans la même circonscription.

La proposition modifie considérablement la carte électorale fédérale de la Saskatchewan. Pour parvenir à des circonscriptions strictement urbaines, la commission a rompu avec une tradition vieille de cinq décennies. Apparues lors du redécoupage de 1966, les circonscriptions urbaines-rurales étaient devenues usuelles lors des révisions des limites des circonscriptions fédérales.

La proposition constitue un retour à une réalité plus ancienne (1933-1966), alors que les villes de Regina et de Saskatoon formaient chacune une circonscription dont les limites se trouvaient entièrement à l'intérieur de leurs frontières. La principale différence entre cette époque et le présent est que le nombre de circonscriptions entièrement urbaines a atteint un record, une proportion beaucoup plus grande de la population totale de la province habitant désormais dans les deux villes principales.





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